Pathologies persistantes, ressources et rétablissement

L’équipe  conduit des travaux sur les multiples facettes de l’impact fonctionnel et subjectif des pathologies persistantes mentales (schizophrénies, dépressions, troubles traumatiques...) et neurologiques (maladie d’Alzheimer, sclérose en plaques, traumatismes crâniens… ), ainsi que sur les facteurs susceptibles d’améliorer le devenir fonctionnel et subjectif à long terme des personnes concernées et de leurs proches. Les perspectives centrales qui animent ces travaux sont :

(1) un abord transdisciplinaire associant psychologie clinique, neurosciences cognitives, sciences médicales  et sociales ;

(2) une approche centrée sur les ressources de la personne et la restauration de son pouvoir d'agir  (impliquant l’exercice de ses choix en fonction de ses valeurs) : nos travaux, appuyés directement sur l’expertise par expérience des personnes elles-mêmes, mettent l’accent sur les potentiels psychiques conservés plutôt que sur les altérations handicapantes ;

(3) un appui sur les modèles de soins qui permettent d’approfondir et dépasser le « modèle médical » de la maladie (remédiation centrée sur la personne, care, values-based practice, …) 

(4) l’apport des méthodes d’évaluation mixtes (qualitatives et quantitatives) aptes à prendre en compte tant la finesse des vécus subjectifs que les données probantes.

 Mécanismes neurocognitifs des pathologies persistantes

Nous étudions le fonctionnement cognitif des personnes présentant des lésions cérébrales acquises (TC, AVC, SEP…), des troubles neuro-développementaux (TDA/H) ou troubles psychopathologiques (spectre autistique, schizophrénie…). Plus particulièrement, nos axes de recherche portent sur la mémoire de travail, l’attention, la pensée future et la mémoire autobiographique, la cognition sociale et les fonctions exécutives. Nous étudions les effets de programmes de rééducation cognitive et les mécanismes sous-jacents par l’intermédiaire de méthodes d’évaluations comportementales mais aussi de techniques de neuro-imagerie afin d’améliorer la compréhension des processus cognitifs et des mécanismes impliqués dans la récupération fonctionnelle et les effets des thérapeutiques. L’objectif de nos travaux reposant sur une double perspective, fondamentale et clinique, est de permettre une meilleure compréhension des troubles de ces patients afin de développer des techniques de soins adaptés, permettant de diminuer la restriction de participation et d’améliorer la qualité de vie des personnes concernés.

Nous nous intéressons également à la manière dont ces processus évoluent au cours du vieillissement normal et pathologique et nous développons un modèle animal lémurien de la maladie d’Alzheimer permettant d’étudier le vieillissement cérébral normal et pathologique.

 Pratiques innovantes de soin, processus de changement

Nous mobilisons les référentiels humaniste-existentiel, phénoménologique et systémique pour étudier les processus thérapeutiques utilisant les transes, les processus narratifs associés à l'expérience des sujets dans la thérapie, et les processus de changement en lien avec la corporalité. Les transes sont étudiées au sein de dispositifs déjà bien implantés en santé (hypnose, relaxation, mindfulness, EMDR...) ou qu’elles existent avec d’autres références culturelles (comme le chamanisme, par exemple), avec un accent sur les dynamiques relationnelles. Les enjeux sont importants à la fois pour comprendre les pratiques dont il est question, et pour mettre en exergue les « invariants thérapeutiques  » (pont entre les médecines traditionnelles et celles plus contemporaines) des processus intrinsèques à ces approches. Concernant les processus narratifs, nous étudions la façon dont les patients vivent les expériences thérapeutiques dont ils sont les bénéficiaires, et aussi la façon dont cette narrativité peut en soi être un levier thérapeutique vers le changement. Enfin, nous explorons l’idée que la sensorialité et les vécus corporels sont premiers dans toute dynamique relationnelle et dans tout processus de changement (comme la notion de « présence thérapeutique  » le développe dans le courant humaniste), avec un intérêt pour les notions de spiritualité et de valeurs.